Lettre à un disparu,
Mon très cher Papa,
Je sais bien que tu ne liras jamais ce petit mot exprimant ma pensée du moment et tous ces regrets accumulés. Mais j'ose espérer que celà libèrera ma pensée.
Mon petit Papa, ou mon JC comme j'aimais tant t'appeler pour mieux t'embêter, je ne peux m'empêcher de repenser à toutes ces méchancetés que je t'ai dite sur ta maladie que tu as subite et non voulue comme je l'ai cru l'année de mes 1O ans lorque j'ai appris cette triste nouvelle la veille de notre départ en vacances tant attendu. Je suis allée me cacher, dans le petit cagibis, à la Robiquette. Je t'en ai voulu. Je l'ai dit, cette phrase si poignante criant le désespoir " Je le déteste ". Non je ne te détestais pas, je t'aimais trop. Je t'en voulais de subir cette maladie, de devoir souffrir sans jamais pouvoir rien y faire. Puis vint l'égoïsme, le refus de ta maladie. Je croyais que tu fesais semblant, que tu mimais cette maladie qui te détruisait de jours en jours. Pourtant tu te battais comme tu pouvais malgré toutes les attrocités que j'ai pu te cracher au visage comme du venin. Les médecins te donnaient Un an, rien qu'un an. Tu en as tenu 5, mon petit papa. Tu t'es battu comme jamais personne ne s'est battu. Parce que tu as cru que la vie vallait la peine, vallait la peine de se battre pour elle, qu'elle pouvait encore t'apporter de nombreuses choses. Et moi, cette petite fille de 1O ans qui a ajourd'hui grandit, je me rends compte que tu avais raison. J'ai rencontré après ton décès des personnes si merveilleuses, que je me battrais pour elle si un jour cette maladie me touche.
Un médecin si fièr de toi, cite ton exemple de combat perpétuel pour la vie dès qu'une personne se plainds d'un petit maux. J'en ai fait les frais. Les larmes ont coulées lorsqu'il m'a raconté cette histoire, et mon coeur s'est arrêté quelques secondes quand j'ai su que c'était toi. J'ai alors ouvert les yeux. Mon père n'était donc pas cette personne affaiblie, sans ressources que j'ai connue. Non ! C'était une personne avec le courage d'un Dieu, qui aurait déplacé des montagnes pour survivre. Je ne t'ai jamais dit ce que je pensais de toi. Qu'est ce que je peux m'en vouloir. Pourquoi je ne t'ai jamais dit ces 7 lettres si simple mais si complexes une fois ajoutées les unes aux autres ? Par pudeur, par rage, par peur ? Je ne sais pas. En tout cas, je ne te remercierais jamais assez pour cet exemple que j'ai, à jamais gravé dans mon coeur, de courage et de force. Je pleure chaque jour toutes ces fautes accumulées, que j'aimerais tant changer, mais que le temps m'empeche de réaliser. Si seulement. Si seulement ...
Merci mon petit Papa !
Je t'aime.